Rebuilding Haiti must start from the ground up, with agricultural education
Des milliers d'anciens militaires réclament le retour de l'armée

18/05/2012 19h20
Arrestations : Des individus en treillis militaires arrêtés dans les rues de la capitale ce vendredi
Agence France-Presse
18/05/2012 19h20
PORT-AU-PRINCE - Plusieurs milliers d'anciens militaires haïtiens ont défilé vendredi dans plusieurs villes du pays pour exiger la reformation de l'armée, dissoute en 1994 par l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, a constaté un journaliste de l'AFP.
Acclamés par de nombreux jeunes, les militaires ont défilé par milliers à Carrefour, dans la banlieue sud de la capitale Port-au-Prince, où ils occupent depuis plusieurs mois un ancien camp d'entraînement de l'armée.
Des patrouilles de Casques bleus avaient été déployées sur leur parcours par mesure de sécurité.
«Nous voulons le retour de l'armée, la Minustah (Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti, ndlr) peut rentrer chez elle», chantaient des groupes de manifestants qui encadraient les ex-militaires vêtus d'uniformes de l'ancienne armée, certains portant des armes de poing.
Au Cap-Haïtien (nord), deuxième ville du pays, des anciens militaires ont aussi défilé et des incidents ont éclaté dans un quartier populaire d'où ils ont été violemment chassés des jeunes, selon la presse locale.
Un ancien sergent a été sévèrement battu par des jeunes qui s'opposent au retour de l'armée, selon un de ses enfants.
Des défilés ont également été signalés dans d'autres villes du pays par des radios haïtiennes.
Les anciens militaires ont ignoré l'appel lancé le 14 mai par le président haïtien Michel Martelly qui demandait aux ex-soldats d'abandonner les bâtiments publics qu'ils occupent dans plusieurs régions du pays.
MINUSTAH poursuivant FAD'H
M. Martelly s'était engagé à reconstituer l'armée, avant de revenir sur cette promesse électorale devant la réticence de certains pays amis d'Haïti jugeant que le retour de l'armée n'est pas une priorité dans un pays frappé par un violent séisme en 2010.
Les manifestations des ex-militaires, qui exigent également le paiement de leurs pensions, ont eu lieu alors que M. Martelly commémorait le 209e anniversaire de la création du drapeau haïtien à L'Arcahaie, à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale.
Le chef de l'État y a lancé un appel à l'unité: «Il faut faire de l'union l'axe fondamental de notre vécu quotidien, le fil conducteur à partir duquel nous devrions penser et réaliser notre développement», a-t-il déclaré.
" Le Sénateur Edo Zenny , réputé proche ami du président, persiste et signe : le pouvoir arme et finance ces organisations composées essentiellement de hors la loi se faisant passer pour des ex membres des Forces armées d’Haïti.
« Certains de ces gens sont des voleurs, des assassins…"
Arrestations lors d'une manifestation pour le retour de l'armée en Haïti
Deux Américains figuraient parmi la cinquantaine d'individus arrêtés lors d'une marche où des centaines de manifestants ont plaidé pour le retour de l'armée d'Haïti, a indiqué un porte-parole de la police, samedi.

Gary Desrosiers, de la police nationale d'Haïti, a déclaré que les Américains avaient été arrêtés parce qu'ils avaient agi, vendredi soir, comme s'ils faisaient partie de la manifestation qui s'est conclue dans la violence à Port-au-Prince.
Zeke Petrie, âgé de 39 ans et originaire de l'Ohio, de même que Steven Shaw, âgé de 57 ans, du Massachusetts, ont été arrêtés par les autorités haïtiennes. Tous deux étaient au volant de véhicules pendant la marche ayant rassemblé les partisans du rétablissement de l'armée.
Deux autres Américains et une Canadienne de la Colombie-Britannique ont été détenus pendant la nuit dans l'entrée de la station de police à Canapé Vert, après avoir tenté d'apporter de l'insuline, des seringues et des tampons à Zeke Petrie, qui se dit diabétique.
Les anciens soldats et leurs jeunes partisans ont arpenté les rues vendredi, exhortant le président Michel Martelly à respecter sa promesse formulée pendant la campagne électorale de restaurer l'armée haïtienne. Les forces militaires, auxquelles on reprochait de commettre abus de pouvoir, avaient été abolies en 1995.
Le rassemblement avait débuté dans le calme, mais certaines personnes ont commencé, près du palais présidentiel, à lancer des pierres au milieu d'une lourde présence de l'ONU. Les Casques bleus ont répliqué en usant de gaz lacrymogènes, tandis que certains des manifestants portant l'uniforme militaire étaient armés de pistolets. Des policiers ont fait feu devant une ancienne caserne militaire ce soir-là, dans le district Carrefour à l'extérieur de Port-au-Prince.
Pas moins de quatre civils ont été traités pour des blessures par balle vendredi soir dans deux cliniques de Médecins sans frontières à Carrefour, a précisé un porte-parole de l'organisation, Mathieu Fortoul, ajoutant du même souffle qu'on ignorait pour l'instant si ces personnes avaient été blessées dans les échanges de tirs survenus lors de la manifestation.
Un responsable haïtien a indiqué que la police nationale avait fermé deux vieilles bases militaires que les anciens soldats utilisaient comme bases d'opérations.
Selon Réginald Delva, du Secrétariat d'État de la Sécurité publique, la police a fermé les deux camps militaires samedi et prévoyait d'en fermer deux autres. Ces anciennes bases étaient utilisées à des fins d'entraînement par des centaines d'anciens soldats et leurs jeunes partisans pour en appeler à restauration de l'ancienne armée haïtienne.
La fermeture des camps survient une journée après que des centaines d'aspirants-soldats eurent défilé à Port-au-Prince pour demander le retour des forces armées.
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18/05/2012 19h20
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